Vous venez d’acquérir un plat à décor breton ou un pot en faïence Henriot Quimper, et vous devez l’expédier. La pièce est peinte à la main, parfois ancienne, avec des anses fines ou des reliefs fragiles. Un emballage standard ne suffit pas : la faïencerie de Quimper demande une protection pensée pour ses points de fragilité spécifiques.
Faïence Henriot Quimper : pourquoi l’emballage classique ne protège pas assez
Un plat ou un bol en faïence Henriot n’est pas un objet lisse et compact. Les décors peints à la main, les bords festonnés, les anses rapportées sont autant de zones vulnérables. Un simple papier bulle enroulé autour de la pièce ne protège pas ces reliefs contre un choc latéral ou une compression.
A lire également : Emballage des commodes par les déménageurs : astuces et conseils pratiques
Vous avez déjà remarqué que les casses arrivent rarement sur le centre d’une assiette ? Les anses, bords et reliefs peints cassent en premier, parce qu’ils dépassent du volume principal et reçoivent l’impact directement.
Les centres de tri postaux utilisent des machines qui ne lisent que les adresses. Une mention « Fragile » sur le carton n’empêche ni l’empilement sous des dizaines d’autres colis, ni le passage sur des tapis roulants mécaniques. Le colis doit donc résister seul, sans traitement de faveur.
A lire également : Déménagement : checklist essentielle pour ne rien oublier !
Isoler chaque pièce de faïence avant le calage
La première erreur fréquente consiste à caler plusieurs pièces ensemble dans un même emballage sans les séparer. Deux assiettes en faïence qui se touchent, même enveloppées individuellement, finissent par s’entrechoquer pendant le transport.
Chaque pièce doit être isolée des autres et des parois du carton. Voici la méthode qui fonctionne pour de la faïencerie Henriot Quimper :
- Enveloppez chaque pièce dans plusieurs couches de papier de soie ou de papier journal, en insistant sur les anses et les bords. Le papier épouse mieux les reliefs que le papier bulle seul.
- Ajoutez ensuite une couche de papier bulle à petites bulles autour du papier de soie. Les petites bulles absorbent mieux les vibrations que les grosses sur des surfaces peintes.
- Fixez le tout avec du ruban adhésif, sans coller directement sur la faïence : l’adhésif peut arracher des éclats de glaçure au retrait.
Pour un pot ou un vase avec une anse, comblez l’intérieur creux avec du papier froissé. Un objet creux qui résonne au tapotement n’est pas assez rembourré.

Technique du double carton pour expédier de la faïence fragile
Le calage dans un seul carton, même bien fait, reste insuffisant pour de la faïence ancienne ou de collection. Les transporteurs et assureurs recommandent une double protection, c’est-à-dire un carton dans un carton, avec du matériau de calage entre les deux.
Préparer le carton intérieur
Choisissez un premier carton adapté à la taille de la pièce emballée. Il ne doit rester que quelques centimètres de marge autour de l’objet. Remplissez cet espace avec du papier froissé, des chips de calage ou du carton ondulé découpé.
Un bon test : secouez le carton intérieur, rien ne doit bouger. Si vous sentez un glissement, ajoutez du calage jusqu’à obtenir un bloc compact.
Le carton extérieur et l’espace tampon
Placez le carton intérieur dans un carton plus grand. L’espace entre les deux parois agit comme un amortisseur. Comblez cet espace avec du papier froissé, du carton ondulé plié ou des coussins d’air.
Cette technique dite « du colis oignon » crée plusieurs couches de protection. Chaque couche absorbe une partie de l’énergie en cas de chute ou d’écrasement. La pièce en faïence ne touche jamais directement une paroi de carton.
Fermeture du colis et choix du transporteur pour un envoi fragile
La fermeture du carton extérieur mérite autant d’attention que le calage intérieur. Utilisez du ruban adhésif large sur toutes les ouvertures, y compris les rabats latéraux. Un carton qui s’ouvre partiellement pendant le tri mécanique expose la pièce aux chocs directs.
Renforcez les arêtes du carton avec du ruban. Ce sont les zones qui cèdent en premier sous la pression d’un empilement.
Adapter l’emballage au mode de livraison réel
Un colis bien protégé peut quand même casser si le service de transport impose des tris mécaniques ou des points de compression. Renseignez-vous sur le parcours réel du colis avant de choisir votre transporteur.
- Les services avec enlèvement à domicile et livraison sans passage en centre de tri mécanisé réduisent les risques pour la faïencerie fragile.
- Les relais colis impliquent souvent un empilement dans des conteneurs avec des dizaines d’autres paquets : le carton extérieur doit être particulièrement rigide.
- L’assurance ad valorem, proposée par la plupart des transporteurs, couvre la valeur déclarée de la pièce en cas de casse. Pour de la faïence Henriot Quimper ancienne, cette option mérite d’être activée.

Protéger les décors peints et la glaçure bretonne
La faïence Henriot Quimper se distingue par ses décors peints à la main, souvent représentant des personnages en costume breton ou des motifs floraux. La glaçure qui recouvre ces décors est sensible aux frottements répétés, pas seulement aux chocs violents.
Le papier bulle à grosses bulles, posé directement sur la surface peinte, peut marquer la glaçure après plusieurs heures de vibration dans un camion. Le papier de soie en première couche protège la surface peinte des micro-frottements.
Pour les pièces de collection, certains expéditeurs ajoutent une feuille de mousse fine entre le papier de soie et le papier bulle. Cette couche supplémentaire amortit les vibrations sans créer de pression ponctuelle sur le décor.
L’art de la faïencerie quimpéroise mérite un emballage à la hauteur du savoir-faire breton qu’elle représente. Un carton bien choisi, un calage méthodique et un transporteur adapté suffisent à faire voyager un plat Henriot Quimper à travers la Bretagne ou le reste du pays sans dommage. Le temps passé à emballer correctement reste toujours inférieur à celui qu’il faudrait pour remplacer une pièce ancienne introuvable.

